La décision du journal le New York Times de devenir en partie payant soulève la question de la gratuité de l’information et de la presse sur Internet.

En effet, Internet a connu plusieurs phases au niveau de la gratuité de l’information :

  1. 1ère phase = information principalement payante, car peu abondante et coûteuse à mettre en ligne.
  2. 2ème phase = information gratuite car abondante et parce que le client n’était pas prêt à payer (génération Napster).
  3. 3ème phase= Information gratuite, et augmentation de l’information payante de qualité.
    L’internaute serait-il davantage enclin à payer pour de l’information?


C’est en tout cas le pari (risqué) qu’a pris le New York Times en déclarant vouloir faire payer ses lecteurs après un certain nombre d’articles consultés quotidiennement. L’abonnement permettra alors aux internautes d’avoir un accès intégral aux articles, à l’instar de ce que font les journaux Les Echos, le Financial Times ou le  Wall Street Journal. Ce modèle d’affaires, à mi-chemin entre le gratuit et le payant, n’est pas sans rappeler celui du Freemium que l’on retrouve parmi les réseaux sociaux.

 

Pourquoi mettre en place un accès par abonnement ?

Pour tenter d’augmenter les revenus du site!
Le New York Times a, depuis sa création en ligne, testé plusieurs types de modèles d’affaires.
Dans un premier temps, en 1996 , il avait adopté un modèle entièrement payant. (4000 abonnés)
Puis, de 2005 à 2007, ils avaient adopté un modèle hybride, rendant certains contenus payants (220 000 abonnés)
Enfin, en 2007 , il était devenu entièrement gratuit, dans le but d’augmenter son audience, d’attendre une masse critique, et d’augmenter ses revenus publicitaires. Cette stratégie semble donc ne plus être adéquate, puisque le journal procède à un nouveau revirement, en espérant que les internautes qu’il a conquis soient prêts à payer pour accéder au contenu du New York Times.

 

Pourquoi ca peut marcher ?
-Le New York Times est un journal très renommé, et ses articles sont reconnus comme étant de grande qualité.
-Il dispose d’une large audience, donc d’une source potentielle de futurs abonnés (numéro 1 des  journaux en ligne)
-L’abonnement constitue une source importante de revenus (pour peu que les lecteurs y adhèrent)

 

Pourquoi ca peut échouer ?
-Baisse des revenus publicitaires dus à la baisse du nombre de pages vus
-Peu d’abonnés autres que ceux déjà abonnés à la version papier (les abonnés à la version papier ont de facto un abonnement à la version électronique)
-Désaffection du journal pour d’autres journaux économiques gratuits => Perte d’audience et de notoriété.

 

Quelles autres options pour le NYTimes en ligne ?
-Le statu quo, malgré la baisse de revenus publicitaires.
-Augmentation des revenus publicitaires Onsite  via de nouvelles méthodes de commercialisation : ex habillage de la home page avec des publicités (comme sur l’Equipe.fr et parfois lefigaro.fr …).
-Augmentation des revenus publicitaires offsite :  via le service FastFlip de Google, où une partie des revenus publicitaires est reversé aux journaux.

En tout cas, une tendance se dégage, l’ensemble de la presse semble s’orienter vers le Freemium : le groupe News Corp (Wall Street Journal, The Sun, New York Post…)  avait déjà fait part de sa volonté de rendre tous leurs journaux payants; le  New York Times leur emboîte désormais le pas.